Le langage et le

 L’apprentissage du langage et la période du « non »


Dès sa naissance, l’enfant entame son apprentissage du langage, même si cela ne se traduit pas encore par de vrais mots.
L’acquisition du langage est un point clé dans son développement : c’est notamment par ce biais qu’il construit sa personnalité, en passant par exemple par des phases comme celle du « non ». 

Les phases d’apprentissage

De 0 à 1 an l’enfant s’exprime par des pleurs, des cris, des sourires, des babillages ou encore le contact visuel.
Ce sont ces différents moyens qui lui permettent de traduire son bien-être ou son malaise à son entourage.
Dès sa naissance l’enfant apprend à reconnaître les sons de sa langue maternelle, il est donc important de le stimuler très tôt, en lui parlant, en lisant des livres adaptés à son âge, en récitant des comptines simples avec des gestes, etc.
Vient ensuite la phase des premiers mots, souvent entre 9 et 15 mois. Bien souvent le premier mot est « papa » ou « maman », mais il peut aussi bien être le nom d’un objet qui lui est cher ou dont il a envie.
Durant cette période, une phrase ou une pensée en entier est souvent exprimée par un seul mot. L’enfant crée aussi son propre vocabulaire ou encore généralise les mots à tout ce qui s’en rapproche : il dit « maman » à toutes les femmes par exemple.
A partir de 18 mois commence la phase de création du langage à proprement parler : l’enfant fait des petites phrases et se fait comprendre par son entourage. Il comprend encore bien plus qu’il ne peut s’exprimer, mais son vocabulaire s’enrichit de jour en jour.
C’est à partir de 2 ans que les mots de liaison font leur apparition, permettant à l’enfant de faire des phrases plus construites qui se transformeront par la suite en langage plus constitué et plus soutenu, vers l’âge de 3 ans.


Le « non » créateur d’individu

Vers 18 mois l’enfant dit « non » à tout ! Une phase primordiale à son bon développement qui se nomme « phase d’opposition ». Il est important de l’appréhender au mieux afin de la gérer correctement et de la manière la plus constructive possible. 

Témoignage d’Audrey Nardelli, Directrice de la crèche Leï Parpaioun à Belgentier (83) : 

Vous avez organisé une conférence sur le thème du « non », à destination des parents et des professionnels, pouvez-vous nous expliquer pourquoi et comment elle s’est déroulée ?

Au sein de la crèche Leï Parpaiouns nous avons eu une période durant laquelle les enfants que nous accueillions étaient tous assez grands, entre 18 mois et 2 ans : donc au moment où la phase dite d’opposition est la plus présente chez l’enfant. Face aux multiples questionnements des parents et à la suite d’échanges avec la Psychologue qui nous accompagne, nous avons trouvé intéressant d’organiser un moment d’échange à ce sujet. L’objectif était de permettre aux parents de témoigner et de les accompagner de manière plus poussée.
Lors de la première édition de cette conférence nous avons réuni 6 familles, 4 membres de l’équipe de la crèche et la Psychologue. Cette dernière a pu répondre aux interrogations des parents et leur expliquer les raisons de cette phase parfois compliquée à gérer.


Quel est justement le rôle de cette phase d’opposition dans le développement de l’enfant ?

Jusqu’à l’âge de 18 mois l’enfant s’associe à ses parents, il se voit comme un tout car il est entièrement dépendant d’eux. La phase d’opposition survient au moment de l’apprentissage du langage car dire « non » entraine automatiquement une réaction chez la personne que l’enfant a en face de lui. Il comprend alors qu’il peut avoir son propre avis, pousser les limites.
Cette période est plus ou moins marquée selon chaque enfant, mais elle est primordiale car elle lui permet de se construire comme un individu à part entière. Elle est d’ailleurs associée au moment où l’enfant commence à utiliser le « je ».
Au sein de la crèche, lorsque que constatons qu’un enfant ne passe pas par cette phase du non, nous prenons le temps de l’observer plus profondément, d’en discuter en équipe pour voir si c’est un enfant qui a besoin de plus de temps que les autres ou si l’absence de cette période peut traduire une difficulté de développement : un problème d’audition qui ralenti l’apprentissage du langage, un risque d’autisme, etc. Il est important d’être vigilant. 

La phase d’opposition se traduit-elle de la même manière à la maison qu’au sein de la crèche ?

Non, car ce sont des lieux différents et des affectifs différents. A la maison l’opposition est souvent plus fréquente car les liens avec les parents sont plus forts mais également car c’est un lieu qui comporte plus d’interdits. En crèche l’espace est entièrement aménagé pour l’enfant et les équipes sont là pour eux tout au long de la journée.
Mais cette période ne se traduit pas uniquement par le « non » perpétuel, elle passe également par le test des règles. L’enfant va dépasser à plusieurs reprises la même limite afin de vérifier que les règles en places soient bien solides.


Quels conseils pourriez-vous donner aux parents ?

Avant toute chose de se dire que c’est un passage obligatoire et normal, que traversent automatiquement tous les enfants. Il est important de savoir que cela fait partie du développement de l’enfant vers l’autonomie.
Ensuite les conseils que nous apportons aux parents sont toujours adaptés à leurs situations. Mais d’une manière plus globale nous leur proposons d’essayer de limiter le nombre de règles à la maison et donc de point d‘opposition. Par exemple s’il est interdit de jouer avec la télécommande de la télévision, il est préférable de la positionner à un endroit inaccessible durant cette phase de « non », dans le but de réduire le nombre de conflits. Car si l’enfant dit « non » c’est aussi qu’il voit ses parents le répéter !
Cette phase d’opposition va également créer de la frustration chez l’enfant, aussi nous recommandons aux parents de trouver des alternatives pour ne pas rester dans le négatif et faire passer l’enfant à autre chose. Par exemple en cas de colère suite à une sanction il est préférable de la laisser passer en restant calme et en lui proposant une alternative, du type « tu as le droit d’être en colère mais il est interdit de jouer au ballon dans la maison. En revanche je te propose plutôt d’aller jouer avec dans le jardin ».
Le « non », et plus généralement l’opposition, étant une étape obligatoire dans le cheminement vers l’autonomie, il est aussi recommandé de responsabiliser l’enfant. Il sera alors très content de pouvoir montrer de quoi il est capable et il construira sa personnalité par un moyen plus positif !

 

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