Sexualité chez le jeune enfant

La sexualité chez le jeune enfant


La sexualité infantile peut soulever de nombreuses questions, pour les parents comme pour les professionnels de la Petite Enfance.
Le développement psychosexuel démarre dès le plus jeune âge, il est important d’en connaître les principales étapes afin d’accompagner l’enfant au mieux.

Carole Picaud, Directrice des crèches Arc-en-ciel et L’Enfant d’Eau (31), apporte un regard pédagogique et ouvert sur cette thématique. 

 

A quel moment de son développement l’enfant commence-t-il à se questionner sur sa « sexualité » ?

La découverte du corps commence très tôt, c’est aux environs de 8 mois que le petit garçon va découvrir ses parties intimes. Chez les filles c’est un peu plus tard, vers 10/12 mois.
Ensuite entre 18 mois et 2 ans la notion de garçon / fille reste confuse. L’enfant comprend qu’il existe deux sexes, mais les critères qu’il va utiliser pour les différencier ne reposent pas sur les organes génitaux. Il va plutôt utiliser des signes distinctifs dans le comportement : les filles ont les cheveux longs et des jupes, les garçons jouent aux voitures, etc.
C’est vers 2 ans que l’enfant prend conscience de son sexe et commence à comprendre que c’est ainsi que l’on distingue un garçon d’une fille.
C’est aussi à cette période que certaines angoisses naturelles peuvent survenir, car l’enfant va se comparer et se questionner sur son propre corps. Certains petits garçons peuvent ainsi avoir peur de perdre leur pénis en allant aux toilettes, ce qui peut engendrer des épisodes de constipation. Les petites filles peuvent penser qu’elles n’ont pas de sexe ou même, qu’elles vont devenir des garçons une fois que leur pénis aura poussé.
Durant ces périodes de questionnement et de doute il est très important de les accompagner, de leur expliquer concrètement le fonctionnement de leur corps, afin de les rassurer.
Un peu plus tard l’enfant peut avoir une phase d’exhibitionnisme, il aime être nu, c’est tout à fait normal et même bon signe, cela signifie qu’il est à l’aise avec son corps.
Vient ensuite l’apprentissage de la pudeur, qui n’est pas une notion naturelle et innée : c’est aux parents et aux professionnels de la Petite Enfance de l’expliquer.
Dans chacune de ces étapes, il est toujours important de bien communiquer, afin de ne pas rendre le sujet tabou ou encore culpabiliser l’enfant.


En tant que professionnels de la Petite Enfance, votre approche doit-elle être différente de celle des parents ?

Oui bien sur, nous n’avons pas le même rôle auprès de l’enfant et nous restons dans la ligne de conduite que nous avons au quotidien : nommer et expliquer.
Ainsi, nous n’utilisons pas de « petits mots » pour décrire le sexe de l’enfant, nous prononçons les vrais termes.
Lorsque ces questions sont abordées, il faut que chaque professionnel soit à l’aise avec les mots qu’il utilise, qu’il soit dans un échange naturel avec l’enfant.
L’appréhension de la sexualité infantile est complexe car elle renvoie l’adulte au rapport à son propre corps. Il est ainsi primordial de se défaire de son regard d’adulte, pour qui le sexe à une connotation de plaisir, de vie de couple.
Pour l’enfant c’est une partie du corps comme une autre ! C’est pour cela qu’il est important de la nommer clairement. On dit « sexe » comme l’on peut dire « bouche », « nez », « menton », etc. cela n’a rien de sale
.

Comment abordez-vous la question de l’autostimulation ?

C’est un comportement fréquent et naturel chez le jeune enfant, même s’il n’est pas systématique.
L’autostimulation peut être présente chez le nourrisson, mais elle est plus fréquente à partir de 12/15 mois.
L’enfant peut ressentir ce besoin, qui va se traduire par un frottement contre une peluche, un balancement sur les hanches, etc. Cela va lui procurer un apaisement, du plaisir et du réconfort. Ces comportements peuvent notamment survenir en période d’anxiété, de stress (par exemple l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille).
Vers 2/3 ans l’enfant peut également avoir une période où il va expérimenter des jeux sexuels, il va vouloir toucher le corps des autres car il est curieux et cherche à comprendre le fonctionnement du corps.


Quels conseils pourriez-vous donner aux parents pour qu’ils appréhendent aux mieux cette facette du développement de leur enfant ?

De s’écouter ! Il y a les théories, les généralités sur les comportements, mais chaque enfant est unique, il faut s’adapter à lui et se faire confiance.
Il est également important d’être cohérent dans son approche. Après avoir expliqué à l’enfant la notion de pudeur, il faut l’appliquer à son propre comportement, sinon il ne comprendra pas.
Ensuite il est nécessaire de bien accompagner l’enfant dans cette étape, de lui donner une information vraie, qui soit adaptée à son âge. Le jeune enfant est curieux, il pose des questions simples et ne s’attend pas à des réponses complexes. Il faut instaurer un climat de communication ouvert, pour qu’il se sente à l’aise de poser ses questions.

Pour un complément d’information, vous trouverez ici un article complet sur ce thème. 

 

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