La bienveillance en crèche

La bienveillance en crèche


La notion de bienveillance est une valeur clé pour l’ensemble des crèches du réseau La Part de Rêve.
Mais c’est aussi une façon de vivre au quotidien, une manière de penser les liens et les échanges entre les différents acteurs de ce lieu d’accueil : les équipes des crèches travaillent pour intégrer la bienveillance au cœur de leur organisation et de leur projet pédagogique. 

Charte, formation du personnel, etc. il existe bien des façons de placer cette notion au cœur de la crèche.

 

Témoignage de Nathalie Delahaye, Animatrice d’éveil au sein de la crèche L’Ile de La Part de Rêve (Lille – 59) :


Comment pouvez-vous décrire la notion de bienveillance appliquée à la crèche ?
« La bienveillance en crèche, c’est avant tout aller à l’encontre de ce que l’on appelle les « douces violences », que l’on peut constater au quotidien. Les « douces violences », ce sont tous ces petits gestes qui peuvent paraitre anodins mais qui sont une vraie source d’inconfort et d’insécurité affective pour l’enfant : lui enlever sa tétine sans le prévenir, lui mettre un bavoir sans le lui dire, le prendre dans ses bras sans lui expliquer, porter un jugement envers lui, comme par exemple « tu ne sens pas bon », etc.
Cette notion de « douces violences » est notamment développée par Christine Schuhl, Educatrice de Jeunes Enfants et Conférencière, qui anime également des formations pour les professionnels de la Petite Enfance. J’ai moi-même participé à une formation sur ce thème « remédier aux douces violences » en 2014. Cela a été le point de départ de notre démarche profonde de travailler encore plus sur la notion de bienveillance, au sein de la crèche L’Ile de La Part de Rêve. Notre travail est aussi influencé par les livres d’Isabelle Filliozat (psychothérapeute et conférencière dans le domaine de la petite enfance), « Au cœur des émotions » et « J’ai tout essayé ».
Nous avions déjà plusieurs processus en place, mais nous cherchons sans cesse à nous améliorer ! »

De quelle manière avez-vous mis cela en application ?
« Avant toute chose, l’équipe s’est réunie pour discuter de la notion de bienveillance. Nous nous sommes beaucoup interrogés sur nos pratiques professionnelles, en gardant toujours en tête notre objectif commun : proposer la meilleure qualité d’accueil possible aux enfants.
L’observation puis l’analyse de pratiques sont les bases de notre travail ; c’est une remise en question régulière. Connaître le développement de l’enfant à chaque âge permet également de ne pas lui demander quelque chose qu’il n’est pas capable de faire. Il faut donc s’interroger, lire, partager en équipe.
Pour être en mesure de nous améliorer, nous avions besoin de connaître nos points faibles. Dans ce sens nous avons mis en place une cellule d’observation. J’ai endossé ce rôle et observé durant un temps les pratiques des équipes dans les différents groupes d’enfants.
A la suite de cela, j’ai pu lister celles qui pouvaient être améliorées, dont les équipes n’étaient pas toujours conscientes. Nous avons analysé cette liste ensemble, en réunion, en cherchant à savoir à quoi étaient dus ces comportements : un manque de temps, de l’impatience, ... ?
Ensuite, nous avons cherché des solutions pour remédier à ces « douces violences » du quotidien et améliorer encore et toujours l’accueil que nous proposons.
De cette manière, j’ai par exemple observé dans le groupe des « Chenilles » (10 semaines à 18 mois) que certains enfants restaient longtemps dans leur chaise haute à la fin du repas. En réunion nous avons identifié que l’équipe était un peu sous-dimensionnée dans ce groupe pour les heures de repas, à contrario de celui des grands, demandant moins d’attention. Ainsi, nous avons pu corriger ce dysfonctionnement en faisant intervenir un membre de l’équipe des grands en renfort chez les petits durant les repas. C’est toujours la même personne du groupe qui intervient, afin que les enfants puissent se créer des repères. Pour chaque point listé, nous avons réfléchi en équipe à quelles solutions apporter»


Comment la notion de bienveillance se traduit-elle auprès des parents ?
« Notre démarche de bienveillance s’étend jusqu’aux périodes de transmission du matin et du soir. Pour commencer, afin qu’elle se passe au mieux, nous attendons toujours que l’enfant soit prêt à se séparer de ses parents. Cela passe par l’observation de petits signes, qui vont nous montrer qu’un lien est fait avec la crèche : un regard vers l’auxiliaire, une main tendue, un sourire, ...
Nous respectons le rythme de l’enfant et ses envies, afin qu’il soit dans les meilleures dispositions et passe une agréable journée.
Aussi, nous avons mis en place ce que l’on appelle une « transmission positive », c’est à dire ne pas résumer la journée de l’enfant à ce qui s’est mal passé, mais au contraire valoriser les points positifs. Ne parler des difficultés rencontrées que lorsque c’est essentiel à la transmission.
Par exemple, lorsque nous sommes face à un enfant qui mord régulièrement (ce comportement est normal chez l’enfant, pour en savoir plus : http://www.lapartdereve.fr/fr/coin-parents/la-morsure/) nous préférerons faire un point avec les parents une fois par semaine si le besoin s’en fait sentir, à l’écart de l’enfant, pour ne pas le résumer à ce comportement et lui permettre de se construire positivement par ailleurs. En tant que professionnels de la Petite Enfance, nous rassurons les parents en leur indiquant que nous les préviendrions si un souci se produisait ou si un comportement était à surveiller en dehors de la crèche. »


Quelles sont les clés pour insuffler davantage de bienveillance dans le quotidien de l’enfant ?
« L’enfant crée son patrimoine affectif dès la naissance. En tant que professionnels de la petite enfance, nous y contribuons. Nous devons donc être attentifs à chaque geste, chaque parole, chaque comportement. L’éducation bienveillante aide à la construction d’un adulte épanoui.
Verbaliser, être à l’écoute, ne pas le juger !
Verbaliser c’est ce qui permet à l’enfant de comprendre, c’est ce qui lui évite des frustrations. Lorsque l’on interdit quelque chose à un enfant sans lui en expliquer les raisons il peut se buter, vouloir recommencer pour tester les limites. Aussi, il est primordial pour le bien être de l’enfant de verbaliser ses intentions et ses actes dès le plus jeune âge.
Avec cela vient l’écoute, essentielle à l’éducation bienveillante. Laisser s’exprimer l’enfant ne veut pas dire qu’il peut tout dire ou tout faire, l’adulte est là pour répondre à ses interrogations, le guider sans le brimer, poser des limites sans les imposer.
Enfin, ne pas juger l’enfant en tant que personne mais ne juger que ses actes est primordial. Par exemple lorsqu’un enfant frappe l’un de ses camarades, nous ne lui disons pas « Tu es méchant » mais « Il ne faut pas frapper car ça fait mal. Si tu souhaites exprimer ton mécontentement, tu peux l’exprimer différemment ».
La bienveillance est avant tout une question d’attention portée à l’enfant, de considération et d’écoute. C’est pour nous une valeur centrale car c’est d’elle que découle le bien-être de l’enfant, mais aussi celui des équipes ! »


La Bienveillance Sans Frontières…

Car au delà d’insuffler une notion de bienveillance au sein de l’ensemble des crèches de son réseau, La Part de Rêve démontre son engagement social en soutenant des initiatives en faveur de l’Enfance et de la bienveillance au delà des frontières.
Dans ce sens, à l’occasion de ses 10 ans, La Part de Rêve a mis en place un partenariat avec l’Association « Les Enfants du Dragon » pour financer la construction d’une maison d’accueil au Vietnam, destinée à une famille défavorisée. 
 

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